J’aurais aimé pouvoir voter dès 16 ans

Le laboratoire politique

J’aurais aimé pouvoir voter dès 16 ans

4 mars 2018 Baptiste Ménard 0

Dès 13-14 ans, je me suis investi dans mon collège en tant que délégué de classe et représentant des élèves au conseil d’administration. J’ai voulu adhéré au Parti socialiste à 14 ans mais j’ai dû attendre 15 ans car ce n’est pas possible avant.
C’est à cet âge-là que j’ai commencé à appréhender le monde qui m’entourait, à comprendre des réalités parfois très difficiles. Si j’ai décidé de m’engager, c’est avant tout pour lutter contre les inégalités sociales.
Je me suis donc investi très tôt en politique, au conseil municipal des adolescents de ma commune, et au MJS en allant à des réunions et en faisant du tractage.

Un passage plus progressif vers l’âge adulte

Entre 15 et 18 ans, il a été frustrant pour moi de ne pas pouvoir voter alors que je m’investissais dans les campagnes : aux régionales de 2010, aux cantonales de 2011… J’ai chaque fois aidé à faire passer des idées, j’aurais aussi voulu voter pour.
La réflexion autour d’une pré-majorité à 16 ans, portée avec intelligence et bon sens par Dominique Bertinotti, permettrait précisément ce passage plus progressif vers l’âge adulte. À 18 ans, pour l’instant, ce sont beaucoup de droits et de devoirs qui nous sont accordés d’un seul coup.
Cette pré-majorité pourrait encourager les jeunes à s’investir en politique, surtout localement. Qu’ils aient la possibilité de voter aux élections municipales peut faire comprendre que la politique peut changer le quotidien et qu’ils peuvent y contribuer.
C’est une bonne porte d’entrée pour savoir comment fonctionne une commune, quel pouvoir ont les conseillers municipaux, les élus. La chose publique est parfois mal envisagée ou mal connue et les jeunes ont besoin d’être concernés directement pour s’engager.
Le maire aide les associations et réalisent des projets locaux. Les jeunes ont besoin qu’on leur parle de ce qui les concerne et que les politiques s’intéressent à eux plus directement.

Adresser un message aux jeunes

Cette pré-majorité ne doit pas se limiter au droit de vote. Il faudrait que la loi facilite la possibilité pour des jeunes de se constituer en association : développer et faire connaître le dispositif afin qu’ils puissent défendre leurs idées, s’intéresser concrètement à des questions de société…
Les jeunes entre 16 et 18 ans peuvent déjà passer le BAFA, faire un service civique, mais ils ne savent pas toujours tout ce à quoi ils ont accès. Leur donner cette responsabilité du droit de vote, leur montrer que leur voix compte les inciteraient à s’intéresser plus vite et davantage.
Il est vrai que s’engager comme moi peut prendre du temps, il faut participer à des réunions, prendre sur sa vie personnelle. Mais c’est intéressant de pouvoir constater que cela porte ses fruits.
Dans mon département, j’ai fait partie d’un conseil municipal d’adolescents dans ma commune à Cappelle-en-Pévèle pendant quatre ans, de 2008 à 2012. Nous avons pu développer des projets et les faire réaliser en collaboration avec le conseil municipal : l’ouverture d’un square pour les enfants, une exposition sur l’Europe, des actions en médiathèque, des après-midis intergénérationnels….Ce fût très enrichissant et intéressant.
Je sais néanmoins que les jeunes doutent beaucoup du politique et que leur donner le droit de vote ne va pas forcément les encourager à s’investir de manière systématique. Mais donner le droit de vote localement permettrait d’adresser un message à cette jeunesse qui a tendance à se désintéresser de la politique, lui dire « on vous entend, on vous écoute… Engagez-vous !

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